Qu’est-ce qu’un bassin versant ?
Un bassin versant est un territoire délimité par des lignes de partage des eaux, où toutes les eaux de pluie, de ruissellement ou souterraines convergent naturellement vers un exutoire commun, comme un cours d’eau, un lac, une mer ou un océan. Son fonctionnement repose sur un cycle continu : les précipitations tombent sur les versants, s’infiltrent ou ruissellent vers les cours d’eau et les nappes souterraines, qui les transportent ensuite à travers le réseau hydrographique jusqu’à l’exutoire. Ce territoire intègre les versants, les zones de réception des précipitations, les cours d’eau principaux et leurs affluents, les zones humides, les sols et les nappes phréatiques, ainsi que le lit mineur et le lit majeur, qui jouent un rôle clé dans la régulation des flux d’eau.
Le bassin versant du Grand Morin regroupe l’ensemble des territoires dont les eaux s’écoulent vers ce cours d’eau et ses affluents, formant un réseau hydrographique cohérent.
Pourquoi aménager un bassin versant ?
Aménager un bassin versant de manière globale et cohérente permet de répondre à des enjeux environnementaux, économiques et sociaux majeurs. Les principaux objectifs, inspirés des bonnes pratiques nationalement reconnues et des retours d’expérience du SMAGE des 2 Morin, s’articulent autour de quatre axes stratégiques.
Gestion des eaux et prévention des risques
La réduction des inondations et la lutte contre les sécheresses constituent un enjeu central des aménagements. Pour y parvenir, il est essentiel de ralentir l’écoulement des eaux en créant ou restaurant des zones humides, des haies, des ripisylves ou des bassins de rétention. Les zones humides, capables de stocker jusqu’à 3 000 m³ d’eau par hectare selon l’OFB en 2022, permettent de réduire significativement les pics de crue. Restaurer les cours d’eau en élargissant leurs lits favorise l’étalement naturel des crues, tandis que la suppression des obstacles améliore la capacité d’écoulement. Par ailleurs, limiter l’imperméabilisation des sols, en désimperméabilisant les parkings et les zones urbaines ou en végétalisant les toitures, contribue à une meilleure gestion des flux d’eau.
Préservation de la qualité de l’eau
La pollution diffuse, telle que les nitrates, les pesticides ou les métaux lourds, ainsi que les rejets industriels ou domestiques, dégradent les écosystèmes aquatiques. Pour y remédier, il est possible de filtrer les ruissellements en créant des bandes enherbées le long des cours d’eau, qui piègent les polluants. Selon l’ADEME en 2020, ces bandes réduisent jusqu’à 80 % des nitrates dans les eaux de ruissellement. Mettre en place des filtres végétaux et des bassins de décantation permet également de traiter les eaux pluviales.
Restauration des milieux naturels
Les cours d’eau et les zones humides sont des écosystèmes clés pour la biodiversité et la régulation hydrique. Leur restauration passe par la renaturation des rivières, en redessinant les cours d’eau et leurs lits pour recréer des méandres, en créant des zones d’expansion de crues, et en plantant des ripisylves pour stabiliser les berges et offrir des habitats à la faune. Créer et restaurer des zones humides permet de stocker l’eau en période de crue et de la restituer en période sèche, tout en favorisant la biodiversité, notamment pour les amphibiens, les libellules et les oiseaux. Enfin, protéger les écosystèmes en restaurant la continuité écologique, par la suppression de barrages ou l’installation de passes à poissons, et en réduisant les rejets polluants via des stations d’épuration performantes et un assainissement non collectif optimisé, est une priorité. Le Contrat de territoire des 2 Morin a ainsi permis de restaurer plus de 5 km de berges depuis 2020, avec un impact positif sur la qualité de l’eau et la résilience face aux inondations.
Adaptation au changement climatique
Les événements extrêmes, comme les crues soudaines ou les canicules, se multiplient. Pour s’y adapter, il est possible d’atténuer les îlots de chaleur en végétalisant les berges et les zones urbaines, et en créant des corridors verts pour favoriser la circulation de l’air et de l’eau. Renforcer la résilience des territoires en mettant en place des Plans de Prévention des Risques Inondation (PPRI) et en développant des systèmes d’alerte permet d’anticiper les crues. Selon Météo-France en 2023, les vagues de chaleur sont aujourd’hui 2 à 3 fois plus fréquentes qu’il y a 30 ans, ce qui accentue la nécessité de solutions naturelles de rafraîchissement.
Pourquoi une approche globale ?
Travailler à l’échelle du bassin versant entier permet d’éviter les effets pervers, comme une action locale mal pensée qui pourrait aggraver les problèmes ailleurs. Les solutions fondées sur la nature, telles que les zones humides ou les haies, sont souvent moins chères et plus durables que les ouvrages techniques comme les digues ou les stations de pompage. La biodiversité et la qualité de l’eau dépendent également de la connectivité entre les milieux, comme les forêts, les rivières et les nappes. Cette approche permet de répondre aux obligations réglementaires, telles que la Directive Cadre sur l’Eau (DCE), la Loi sur l’eau de 2006 et les Plans de Prévention des Risques Inondation (PPRI).
🚨 Une gestion efficace du bassin versant repose sur l’implication de tous les acteurs. Les collectivités, telles que les communes, intercommunalités et départements, jouent un rôle clé dans la coordination des politiques locales via les SAGE et l’harmonisation des actions entre amont et aval pour éviter les transferts de problèmes. Les agriculteurs peuvent adopter de bonnes pratiques, comme la réduction des intrants ou la couverture des sols, pour limiter l’érosion et la pollution. Les industriels, quant à eux, doivent gérer leurs rejets et réduire leur impact sur les milieux aquatiques. Enfin, les riverains peuvent contribuer en entretenant les berges et en signalant les pollutions ou les obstacles.
Le SMAGE des 2 Morin anime régulièrement des réunions de concertation avec les acteurs locaux pour co-construire des solutions adaptées. Il met également en œuvre des opérations ciblées pour améliorer la gestion de l’eau sur son territoire.
🎯 Dans le cadre de l’Opération 8, menées à Esbly et Crécy-la-Chapelle, la renaturation du Grand Morin a permis d’améliorer l’écoulement et la biodiversité, tandis que la création de zones d’expansion de crue protège les zones urbaines.
🎯 L’Opération 9, quant à elle, vise à atténuer les inondations à Coulommiers et Boissy-le-Châtel grâce à des aménagements ciblés, comme des bassins ou la végétalisation, ainsi qu’à la restauration des Brassets, d’anciens canaux, pour mieux gérer les flux d’eau.
